Véhicule électrique ou thermique pour l’entreprise ? Le match fiscal

Choisir une motorisation pour un véhicule professionnel n’a jamais été aussi difficile. D’un côté, les véhicules électriques ont longtemps souffert d’une autonomie limitée et d’un réseau de recharge encore inégal. De l’autre, les motorisations thermiques sont censées tirer leur révérence autour de 2035, selon une réglementation européenne actée depuis 2022. Toutefois, cette échéance est aujourd’hui contestée et pourrait évoluer : plusieurs États membres et industriels demandent des assouplissements, voire un report.

Côté autonomie des véhicules électriques, les performances s’améliorent rapidement. Les derniers modèles affichent des autonomies qui commencent à rendre les grands trajets possibles.

Exemple vécu : Chez Macompta.fr, nous avons testé un trajet entre nos deux bureaux, celui de La Rochelle et de Lyon (623 km), avec une Mercedes CLA, autonomie affichée (541 à 792 km). Pari réussi avec une recharge rapide — le temps de boire un café — et pour un coût d’une quinzaine d’euros. Nous avons trouvé de nombreuses bornes de recharge sur le trajet. Un point pour l’électrique.

Mais dans ce contexte d’incertitude réglementaire, la fiscalité reste un critère objectif pour orienter les choix des entreprises. Et là, force est de constater que les véhicules thermiques ou hybrides sont désavantagés par rapport aux véhicules électriques. Voyons cela.


En résumé

  • Fiscalité : avantage massif pour l’électrique
    Pas de malus, plafonds d’amortissement favorables, exonération totale des taxes annuelles (CO₂ et polluants).
  • Thermique / hybride : coûts prohibitifs
    Malus CO₂ et malus masse rapidement élevés, taxes annuelles obligatoires, amortissement fiscal très limité.
  • Avantage en nature : réduction de 70 % pour les VE
    Un avantage nettement plus faible pour les salariés, donc un coût social moindre pour l’entreprise.
  • Coût d’usage : l’électrique prend l’avantage
    Recharge peu coûteuse, bornes désormais nombreuses, grands trajets possibles.
  • Conclusion : pour l’entreprise, l’électrique s’impose
    Les surcoûts fiscaux et administratifs du thermique rendent le choix du VE quasi incontournable.

Malus et incitation à l’achat

Les véhicules électriques ne supportent aucun malus lors de l’achat du véhicule.

Pour les véhicules thermiques et hybrides, même faiblement polluants, malus CO₂ et malus masse sont rapidement très coûteux. Pour les véhicules fortement polluants, les tarifs sont prohibitifs.

Ainsi, le barème du malus sur les émissions de dioxyde de carbone s’applique à partir de 108 g en 2026 (50 €) et monte rapidement. Exemple : 983 € à partir de 130 g, et jusqu’à 80 000 € au-delà de 191 g !

Le malus masse, quant à lui, s’applique aux véhicules de plus de 1 600 kg.

Des réductions s’appliquent pour les véhicules hybrides.

À noter : Il n’existe plus de bonus écologique pour l’achat ou la location d’un véhicule électrique depuis le 1er juillet 2025.

Amortissement fiscal

Le prix d’achat (ou de location) d’une voiture est déduit du bénéfice sous forme d’amortissement annuel.

Mais cet amortissement (ou ce loyer) n’est pas déductible en totalité si le prix d’achat dépasse certains plafonds.

Depuis plusieurs années, le plafond de déduction fiscale dépend également des émissions de CO₂ du véhicule. La loi de finances 2025 confirme cette logique, avec des seuils reconduits et clarifiés.

Tableau officiel des plafonds applicables en 2026

Émissions de CO₂ (g/km) Plafond d’amortissement fiscalement déductible 
≤ 20 g/km 30 000 € 
20 < CO₂ ≤ 49 g/km 20 300 € 
50 ≤ CO₂ ≤ 160 g/km 18 300 € 
> 160 g/km 9 900 € 

Pour en savoir plus, consultez notre article Fiscalité du véhicule de tourisme de société : un vrai luxe !

Véhicules électriques

Les véhicules électriques, émettant 0 g/km, entrent dans la tranche ≤ 20 g
Plafond : 30 000 €

À noter : les VE peuvent aussi bénéficier d’un amortissement séparé de la batterie, optimisant encore la déductibilité. Il faut que le prix de la batterie apparaisse distinctement sur la facture.

Exemple : Pour un véhicule de 55 000 € TTC, incluant une batterie d’une valeur de 18 000 €, la réintégration ne sera que de 7 000 €, soit 1 400 € par an sur 5 ans.

À noter : Selon l’article 39 du CGI, la fraction du prix dépassant ces plafonds est considérée comme dépense somptuaire et doit être réintégrée extra-comptablement dans le résultat fiscal.

Autres taxes et charges

La taxe sur les véhicules de société (TVS) a été remplacée par deux taxes sur les véhicules de tourisme affectés à des fins économiques :

  • la taxe annuelle sur les émissions de dioxyde de carbone (CO₂),
  • et la taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques.

Ces taxes frappent les voitures thermiques ou hybrides. Les véhicules 100 % électriques en sont exonérés.

Avantage en nature

L’utilisation privée d’une voiture donne lieu à la déclaration d’un avantage en nature pour un salarié comme pour un dirigeant, soumis à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales.

Ainsi, par exemple, l’avantage en nature correspondant à la mise à disposition d’un véhicule de moins de 5 ans peut être évalué forfaitairement à 15 % du coût d’achat TTC du véhicule (20 % si l’entreprise paie le carburant).

Pour les véhicules électriques, on applique une réduction de 70 % du montant de l’avantage en nature, dans la limite de 4 641,60 €, et les frais d’électricité pris en charge par l’entreprise sont négligés.

Bon à savoir : Si vous n’achetez pas de véhicule de société, l’utilisation d’un véhicule personnel donne lieu à l’établissement d’indemnités kilométriques selon un barème spécifique.

Résultat : Victoire du véhicule électrique

Au plan fiscal, en entreprise, le véhicule électrique gagne par KO contre le véhicule thermique ou hybride.