Comme tout professionnel, le micro-entrepreneur a des charges à payer. Certaines sont obligatoires tandis que d’autres varient selon les besoins de son activité. Il est important de bien les prévoir et de les suivre pour gérer efficacement sa trésorerie et avoir une entreprise pérenne.
En résumé :
- Le micro-entrepreneur est redevable de plusieurs charges : les cotisations sociales, la contribution à la formation professionnelle (CFP) et, selon l’activité exercée, une taxe pour frais de chambre consulaire. À cela s’ajoutent l’impôt sur le revenu et la cotisation foncière des entreprises (CFE).
- Il doit aussi engager des dépenses pour l’exploitation et le développement de son activité.
- En micro-entreprise, il n’est pas possible de déduire ses charges. Vous êtes imposé sur la totalité de votre chiffre d’affaires.
Charges en micro-entreprise : de quoi parle-t-on ?
Les charges désignent les dépenses supportées par le micro-entrepreneur pour faire fonctionner son activité. Certaines sont obligatoires pour tous (cotisations sociales et impôts), tandis que d’autres sont propres à chaque projet (dépenses marketing, matières premières, assurances, etc.).
La particularité de la micro-entreprise, c’est que vous ne pouvez pas déduire vos charges. Vos cotisations, contributions et impôts sont calculés sur l’ensemble de votre chiffre d’affaires (CA).
Exemple : Monsieur A. a fait 1 000 € de CA ce mois-ci. Il a dépensé 200 € pour acheter du matériel professionnel. L’Urssaf calcule ses charges sociales sur la base de 1 000 € (et non 800 €).
Les charges sociales du micro-entrepreneur
Les taux de cotisations 2025
Les charges sociales concernent tous les micro-entrepreneurs, peu importe leur catégorie d’activité. Elles servent notamment à financer leur assurance maladie, leur retraite de base et leurs droits à la formation.
Pour les payer, le micro-entrepreneur doit déclarer son chiffre d’affaires chaque mois (ou chaque trimestre) sur le site de l’Urssaf des auto-entrepreneurs. Cet organisme calcule ensuite automatiquement le montant de ses cotisations sociales, ainsi que sa contribution à la formation professionnelle (CFP).
Bon à savoir : Cette déclaration est obligatoire, même en cas de CA égal à 0.
En 2025, les taux appliqués sont les suivants :
| Activité | Cotisations sociales | Contribution à la formation professionnelle (CFP) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) et assimilés | 12,3 % | 0,1 % |
| Prestations de services artisanales ou commerciales (BIC) | 21,2 % | 0,3 % |
| Autres prestations de services (BNC) relevant de la SSI | 24,6 % | 0,2 % |
| Autres prestations de services (BNC) relevant de la Cipav | 23,2 % | 0,2 % |
Le taux de cotisations sociales des prestations de services relevant de la SSI (régime général) passera à 26,1 % le 1er janvier 2026.
Si vous êtes commerçant et / ou artisan et que votre chiffre d’affaires dépasse 5 000 €, vous devrez aussi payer la taxe CCI et / ou la taxe CMA (entre 0,015 % et 0,48 %).
Reprenons l’exemple de monsieur A. Il exerce une activité libérale (SSI) et a déclaré un chiffre d’affaires de 1 000 €. Il devra donc payer 246 € de cotisations sociales et 2 € de CFP, soit 248 € au total.
L’Aide à la création ou à la reprise d’entreprise (Acre)
Les micro-entrepreneurs peuvent bénéficier de l’Acre sous certaines conditions. Grâce à cette aide, ils profitent d’une exonération de 50 % sur leurs cotisations sociales durant les 4 premiers trimestres civils de leur activité. N’hésitez pas à consulter notre article dédié aux aides pour se lancer en freelance.
Cela permettrait à Monsieur A. de payer 123 € de cotisations, au lieu de 246 €.
Il faut en faire la demande dès la création de la micro-entreprise, sur le formulaire du guichet unique.
Les charges fiscales en micro-entreprise
La cotisation foncière des entreprises (CFE)
La CFE est un impôt local que doivent payer la plupart des professionnels, y compris les micro-entrepreneurs. Son montant varie notamment selon votre chiffre d’affaires et votre lieu d’activité. Vous êtes concerné même si vous travaillez depuis votre domicile.
Il faut généralement compter entre 200 € et 1 000 € par an. La date limite de paiement est fixée au 15 décembre chaque année.
La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas à la payer la première année et qu’elle sera réduite de 50 % l’année suivante. Si vous êtes artisan ou que votre CA est inférieur à 5 000 €, vous pouvez aussi y échapper. Il existe de nombreux cas d’exonération. Pensez à vous renseigner !
L’impôt sur le revenu
Évidemment, vous allez aussi devoir déclarer votre chiffre d’affaires à l’administration fiscale et peut-être payer des impôts.
En micro-entreprise, il y a 2 possibilités :
- votre impôt est calculé comme d’habitude, selon le barème progressif ;
- vous optez pour le versement libératoire (sous conditions).
Au versement libératoire, vous payez une partie de votre impôt sur le revenu tous les mois (ou trimestres), en même temps que vos cotisations sociales. Pour cela, l’Urssaf applique un pourcentage directement sur votre CA :
- 1,0 % pour les activités de ventes de marchandises (BIC) ;
- 1,7 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) ;
- 2,2 % pour les autres prestations de services (BNC).
Par exemple, monsieur A. devrait payer 22 € de versement libératoire en plus de ses cotisations sociales.
Attention : Le versement libératoire n’est pas intéressant si vous n’êtes pas imposable. Vous ne serez pas remboursé !
Dans le barème progressif, le revenu imposable est égal au chiffre d’affaires diminué d’un abattement :
- 71 % pour les activités de ventes de marchandises (BIC) ;
- 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC – hors location meublée) ;
- 34 % pour les autres prestations de services (BNC).
Ce revenu forfaitaire est additionné aux autres revenus du foyer pour déterminer le montant de l’impôt dû au titre d’une année.
Les autres charges à prévoir
En plus de ces charges obligatoires, il est important de prévoir toutes les dépenses nécessaires au fonctionnement et au développement de votre activité :
- équipement, matériel ;
- matières premières ;
- frais de compte bancaire ;
- frais d’assurance ;
- frais de déplacement ;
- service de médiation à la consommation ;
- abonnements (logiciels, internet, téléphone, société de domiciliation) ;
- énergie ;
- local.
Comment bien gérer ses charges ?
On entend souvent dire qu’une micro-entreprise est simple à gérer et c’est vrai ! Pour autant, elle reste une entreprise à part entière. Vous devez donc veiller à sa bonne santé financière :
- Prévoyez un matelas de sécurité pour financer votre lancement puis vos dépenses imprévues,
- Mettez de l’argent de côté pour vos cotisations,
- Anticipez les charges annuelles (CFE et impôts) ;
- Incluez vos charges dans vos tarifs ;
- Ouvrez un compte bancaire dédié pour bien distinguer vos dépenses professionnelles et personnelles.
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