Ouvrir un gîte ou un meublé de tourisme est une aventure à la fois humaine et entrepreneuriale. Cette activité permet de valoriser un patrimoine immobilier tout en accueillant une clientèle de passage en quête d’authenticité. Mais avant de se lancer, il est essentiel de bien comprendre les particularités juridiques et fiscales de ce type d’hébergement.
Définition et cadre légal
Qu’est-ce qu’un meublé de tourisme ?
L’activité de loueur de meublé de tourisme consiste à proposer à la location un logement meublé (villa, appartement, studio) à usage exclusif du locataire, pour des séjours de courte durée (journée, semaine ou mois).
Lorsqu’elle est exercée de manière habituelle, cette activité devient économique et doit être déclarée comme toute entreprise. Elle est encadrée par le Code du tourisme et peut bénéficier d’un classement officiel (1 à 5 étoiles) selon des critères définis par Atout France.
À noter : Le terme « gîte » n’a pas de statut juridique. Il s’agit d’une appellation commerciale assimilée à un meublé de tourisme. Le « gîte rural » désigne généralement un meublé situé à la campagne.
Nature de l’activité
- Agricole : si le gîte est directement lié à une exploitation agricole (par exemple, hébergement dans une ferme).
- Commerciale : lorsque des services annexes sont proposés en plus de la location (petit-déjeuner, ménage, fourniture de linge, activités payantes).
- Civile : lorsqu’il s’agit d’une simple mise à disposition du logement, sans prestations supplémentaires. C’est le cas le plus courant pour un gîte ou meublé de tourisme « classique ».
Bon à savoir : Le gîte se différencie de la chambre d’hôtes qui est une chambre chez l’habitant, et qui inclut des prestations obligatoires (accueil, petit-déjeuner, linge, nettoyage).
Location en meublé de tourisme : obligations en fonction du statut du logement
Certaines spécificités s’appliquent selon l’utilisation du logement :
| Résidence principale | Résidence secondaire | Logement dédié à la location | |
|---|---|---|---|
| Définition | Logement où le propriétaire vit habituellement, loué ponctuellement | Logement dont le propriétaire à la jouissance et qui peut être loué | Logement dédié exclusivement à la location touristique. |
| Durée de location | Limite de 120 jours/an dans certaines communes (notamment les zones tendues comme Paris, Lyon, Bordeaux). | Pas de limite annuelle | Pas de limite annuelle |
| Enregistrement en mairie | Obligatoire | Obligatoire | Obligatoire |
| Changement d’usage | Non requis | Obligatoire en zones tendues et dès 2 locations/an | Obligatoire en zones tendues et dès 2 locations/an |
| Fiscalité | Revenus imposés en BIC | Revenus imposés en BIC | Revenus imposés en BIC |
| Taxe d’habitation | Non | Oui | Non |
| Taxe foncière | Oui | Oui | Oui |
| Taxe de séjour | Oui | Oui | Oui |
| Cotisation foncière des entreprises (CFE) | Non | Oui (si activité régulière) | Oui |
Bon à savoir : Le changement d’usage est une autorisation de la mairie pour transformer un logement (ex. en meublé touristique). La procédure est obligatoire pour une activité régulière, sous peine d’amende jusqu’à 100 000 €.
Chiffres clés sur le secteur des meublés de tourisme en France :
Le secteur des meublés de tourisme est dynamique :
- En incluant les résidences principales et secondaires louées ponctuellement, on compte plus d’1 million d’hébergements sur le territoire.
- 186 000 meublés classés et environ 58 000 labellisés (Gîtes de France, Clévacances, Accueil Paysan…).
- Taux d’occupation moyen : 30 %, soit environ 15 semaines par an avec une forte variation selon la localisation.
- Panier moyen par séjour : 945 €
- Les meublés de tourisme représentent près de 20 % des nuitées saisonnières en France.
- Airbnb est le leader du marché avec plus de 600 000 annonces en France (dont 60 000 à Paris).
Comment lancer son activité de gîte ou meublé de tourisme ?
Les règles à connaître
- Copropriété : depuis novembre 2024, la loi impose que les nouveaux règlements de copropriété mentionnent explicitement l’autorisation ou l’interdiction de la location touristique.
- Contrat de location : doit être écrit, indiquer le prix et comporter un état descriptif des lieux.
- DPE : obligatoire pour les meublés soumis à autorisation de changement d’usage. Retrouvez le décret correspondant ici.
- ERP : si le gîte accueille plus de 15 personnes, il est soumis aux normes des établissements recevant du public (ERP).
- Piscines : respect des règles sanitaires et de sécurité contre les noyades.
- Taxe de séjour : à percevoir et reverser à la commune.
- Fiche de police : l’exploitant d’un hébergement touristique doit faire remplir et conserver pendant 6 mois une fiche individuelle pour chaque client étranger, afin de répondre aux obligations légales de sécurité et de contrôle.
- Facturation : note obligatoire dès 25 € TTC.
Statuts juridiques et gestion
Pour lancer votre activité de location meublé de tourisme, deux options sont possibles :
- Micro-entreprise : simple à créer, adaptée aux petits projets.
- Société (EURL, SASU – si vous êtes seul, SARL ou SAS – si vous avez des associés) : pour les projets plus ambitieux.
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités passent par le guichet unique de l’INPI.
À partir de mai 2026, une déclaration soumise à enregistrement via un téléservice national deviendra obligatoire pour tous les meublés de tourisme, quelle que soit leur localisation ou statut.
Ouvrir un compte bancaire dédié à votre activité
Ouvrir un compte bancaire professionnel dédié à votre gîte facilite la gestion. Cela permet de :
- Séparer les flux personnels et professionnels.
- Faciliter la saisie comptable et les rapprochements bancaires.
- Préparer plus sereinement les déclarations fiscales.
Important : un compte bancaire dédié est obligatoire à partir de 10 000 euros de recettes annuelles.
Outils de gestion et réservation
Pour simplifier la gestion quotidienne, choisissez :
- Un outil de réservation synchronisés avec les plateformes (Airbnb, Booking…),
- Une suite logicielle comme macompta.fr, permettant de centraliser toute votre gestion commerciale, comptable et fiscale au même endroit,
- Une application mobile pour gérer vos frais partout, même en pleine saison touristique.
Gîtes classés et non classés : quelle différence ?
Un gîte peut être classé ou non classé selon qu’il a fait l’objet d’une demande de classement en meublé de tourisme auprès d’un organisme agréé.
Pour consulter la liste complète et choisir un organisme dans votre département, rendez-vous sur le site officiel d’Atout France.
Le classement est valable 5 ans et il faut l’afficher dans le logement.
Cette distinction entraîne des conséquences pratiques et fiscales importantes :
| Gîte classé | Gîte non classé | |
|---|---|---|
| Conséquences pratiques | Bénéficie d’un classement officiel (1 à 5 étoiles) selon des critères de confort, d’équipement et de services définis par Atout France. Offre une meilleure visibilité sur les plateformes de réservation et auprès des clientèles exigeantes. Peut afficher un panonceau officiel et valoriser son positionnement qualitatif. | Ne bénéficie pas de reconnaissance officielle ni d’étoiles. Moins de garanties pour les clients sur le niveau de confort et de prestations. Peut être perçu comme moins professionnel, même si la qualité réelle peut être équivalente. |
| Conséquences fiscales | Seuil de chiffre d’affaires permettant de bénéficier du régime micro BIC = 77 700 € (abattement de 50 %) | Seuil de chiffre d’affaires permettant de bénéficier du régime micro BIC = 15 000 € (abattement de 30 %) |
Le classement est donc un levier stratégique pour améliorer la rentabilité, la visibilité et la crédibilité du gîte.
Simplifiez la gestion de votre gîte avec macompta.fr
Pour réussir son activité de location touristique, la rigueur administrative et comptable est essentielle. Pour vous accompagner, la solution tout-en-un Macompta.fr répond parfaitement aux besoins des gîtes et meublés de tourisme. Les logiciels de Facturation, Comptabilité et Déclarations fiscales vous permettent de gagner du temps afin de vous concentrer sur l’essentiel : la satisfaction de vos clients !






