Fiscalité des dividendes en 2026 : combien allez-vous payer ?

Vous cherchez la procédure pour vous verser des dividendes (AG, paiement, formulaire 2777, IFU) ? Elle est détaillée dans notre article Comment se payer en dividendes ? 5 étapes clés.

Le principe : un bénéfice imposé deux fois

Un dividende est une part du bénéfice que la société reverse à ses associés. Seules les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) en distribuent : SAS, SASU, SARL, EURL à l’IS, SA. Une EURL ou une SASU restée à l’impôt sur le revenu ne verse pas de dividendes : son résultat est directement imposé chez l’associé.

Ce bénéfice est taxé à deux niveaux :

  1. Dans la société, par l’IS : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles, 25 % au-delà.
  2. Chez l’associé, au moment où il touche le dividende : impôt sur le revenu et prélèvements sociaux.
Pour 100 € de bénéficeTaux d’IS à 15 %Taux d’IS à 25 %
IS payé par la société15,00 €25,00 €
Dividende brut distribué85,00 €75,00 €
Flat tax de 31,4 %26,69 €23,55 €
Net perçu par l’associé58,31 €51,45 €
Taux global41,7 %48,6 %

C’est ce taux global qu’il faut comparer au coût d’un salaire, pas le seul taux de 31,4 %.

La flat tax est passée à 31,4 % en 2026

Par défaut, les dividendes perçus par une personne physique sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax. Depuis le 1er janvier 2026, il s’élève à 31,4 % du dividende brut. Consultez notre article dédié aux nouveautés fiscales 2026 pour en savoir plus.

ComposanteJusqu’en 2025Depuis 2026
Impôt sur le revenu12,8 %12,8 %
CSG9,2 %10,6 %
CRDS0,5 %0,5 %
Prélèvement de solidarité7,5 %7,5 %
Total30 %31,4 %

Exemple : Vous vous versez 10 000 € de dividendes bruts en 2026. La société retient 1 280 € d’impôt (12,8 %) et 1 860 € de prélèvements sociaux (18,6 %), soit 3 140 €. Vous encaissez 6 860 €, contre 7 000 € avec les taux de 2025.

Le nouveau taux s’applique aux dividendes versés depuis le 1er janvier 2026, même s’ils proviennent de bénéfices plus anciens.

Flat tax ou barème progressif : le bon choix dépend de votre tranche

La flat tax n’est qu’une option par défaut. Lors de votre déclaration de revenus, vous pouvez choisir d’imposer vos dividendes au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Ce choix est gagnant si votre taux marginal d’imposition (TMI) est de 0 % ou 11 %, perdant à partir de 30 %.

Au barème, trois mécanismes jouent :

  • un abattement de 40 % : seuls 60 % du dividende sont soumis à l’impôt ;
  • une CSG en partie déductible : 6,8 points de CSG sur 10,6 viennent réduire votre revenu imposable de l’année suivante. Avec la flat tax, rien n’est déductible ;
  • les prélèvements sociaux restent dus à 18,6 % sur le montant brut, sans abattement.
TMIFlat taxBarème progressifOption la plus favorable
0 %3 140 €1 860 €Barème (− 1 280 €)
11 %3 140 €2 445 €Barème (− 695 €)
30 %3 140 €3 456 €Flat tax (− 316 €)
41 %3 140 €4 041 €Flat tax (− 901 €)
45 %3 140 €4 254 €Flat tax (− 1 114 €)
Montants pour 10 000 € de dividendes bruts : impôt + prélèvements sociaux, après l’économie d’impôt liée à la CSG déductible. Calcul indicatif, qui suppose que le dividende ne vous fait pas changer de tranche.

Le point de bascule se situe autour d’un taux d’environ 24 %. Comme il n’existe pas de tranche entre 11 % et 30 %, la règle est simple en pratique. Attention toutefois : au barème, 60 % du dividende s’ajoutent à vos autres revenus, ce qui peut vous faire passer dans la tranche supérieure. Faites la simulation sur impots.gouv.fr avant de choisir.

Une règle à connaître :

  • L’option est globale. Elle s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values de votre foyer de l’année : vos dividendes, mais aussi les intérêts et les plus-values de votre compte-titres. Vous ne pouvez pas choisir le barème pour une partie seulement.

L’acompte de 12,8 % : quand peut-on y échapper ?

Au moment du versement, la société retient 12,8 % d’impôt sur le revenu. Ce n’est qu’un acompte : il est déduit de votre impôt l’année suivante, et l’excédent vous est remboursé si vous avez opté pour le barème.

Vous pouvez en être dispensé si deux conditions sont remplies :

  • votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 50 000 € pour une personne seule, ou à 75 000 € pour un couple marié ou pacsé ;
  • vous l’avez demandé par écrit à la société au plus tard le 30 novembre de l’année précédant le versement, avec une attestation sur l’honneur.

Exemple : Pour des dividendes versés en 2027, la demande doit être faite avant le 30 novembre 2026, sur la base du revenu fiscal de référence 2025 (avis d’impôt reçu en 2026).

La dispense ne porte que sur l’acompte d’impôt. Les prélèvements sociaux de 18,6 % sont toujours retenus. Elle améliore surtout votre trésorerie : l’impôt définitif reste calculé l’année suivante.

Gérant majoritaire de SARL ou d’EURL : attention à la règle des 10 %

Si vous êtes gérant majoritaire (ou associé unique gérant d’EURL à l’IS), une partie de vos dividendes est soumise aux cotisations sociales des indépendants, et non aux prélèvements sociaux de 18,6 %. C’est la règle dite « des 10 % ».

Comment se calcule le seuil ?

On additionne :

  • le capital social libéré
  • les primes d’émission
  • les sommes laissées en moyenne sur l’année en compte courant d’associé

La part des dividendes qui dépasse 10 % de ce total est soumise aux cotisations. Les dividendes de votre conjoint, partenaire de PACS et enfants mineurs sont pris en compte dans le calcul.

Exemple : Votre SARL a un capital de 10 000 €, sans prime d’émission, et vous avez laissé en moyenne 20 000 € en compte courant. Le seuil est de 10 % × 30 000 € = 3 000 €. Vous vous versez 20 000 € de dividendes :

Part du dividendeMontantPrélèvements
Jusqu’au seuil3 000 €Prélèvements sociaux de 18,6 % : 558 €
Au-delà du seuil17 000 €Cotisations d’indépendant, de l’ordre de 40 à 45 % : environ 6 800 à 7 650 €
Totalité20 000 €Impôt sur le revenu (flat tax à 12,8 %) : 2 560 €
Au total, entre 9 900 € et 10 800 € de prélèvements, soit environ 50 à 54 % du dividende, contre 31,4 % pour un associé qui n’est pas gérant majoritaire. En contrepartie, ces cotisations ouvrent des droits à la retraite et à la protection sociale.

Les leviers pour limiter l’impact :

  • augmenter le capital social, par exemple en y incorporant des réserves : le seuil des 10 % augmente d’autant
  • laisser des sommes en compte courant d’associé : elles comptent dans le calcul, mais seulement pour leur montant moyen sur l’année
  • arbitrer avec la rémunération de gérant : elle supporte des cotisations comparables, mais elle est déductible du bénéfice imposable à l’IS, ce que ne sont pas les dividendes.

Important : le gérant minoritaire ou égalitaire n’est pas concerné : ses dividendes suivent le régime normal à 31,4 %.

Président de SAS ou de SASU : pas de cotisations, mais pas de protection

En SAS et SASU, la règle des 10 % n’existe pas. Tous les dividendes du président sont imposés à 31,4 % (ou au barème sur option), quel que soit le montant du capital.

C’est ce qui rend la rémunération 100 % en dividendes si répandue chez les présidents de SASU. Elle a une contrepartie : un président qui ne se verse aucun salaire ne cotise pas. Il n’acquiert aucun droit à la retraite et ne perçoit ni indemnités journalières en cas d’arrêt, ni pension d’invalidité au titre de son mandat.

Beaucoup de dirigeants combinent donc un salaire modéré, pour valider des trimestres de retraite et rester couverts, et des dividendes pour le complément. Le bon dosage dépend de votre situation : notre article salaires ou dividendes pour le dirigeant en SAS ou SARL compare les deux options.

Déclarer ses dividendes : les cases de la 2042

Les dividendes perçus en 2026 se déclarent au printemps 2027, sur la déclaration de revenus n° 2042. Les montants sont en principe préremplis à partir de l’IFU déposé par votre société : vérifiez-les, en particulier si c’est vous qui avez établi cet IFU.

CaseCe qu’elle contient
2DCMontant brut des dividendes
2CKAcompte de 12,8 % déjà prélevé par la société (il sera déduit de votre impôt)
2CGRevenus déjà soumis aux prélèvements sociaux, sans CSG déductible (flat tax)
2BHRevenus déjà soumis aux prélèvements sociaux, avec CSG déductible (option pour le barème)
2OPCase à cocher pour opter pour le barème progressif

Les deux erreurs les plus fréquentes :

  • oublier la case 2CK : l’acompte déjà payé n’est pas déduit, et vous payez l’impôt deux fois ;
  • oublier la case 2CG ou 2BH : l’administration recalcule des prélèvements sociaux que la société a déjà versés.

Les intitulés et numéros de cases peuvent évoluer d’une année sur l’autre : reportez-vous à la notice de la déclaration en cours.

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Questions fréquentes

Et si les dividendes sont versés à ma holding ?

La flat tax ne s’applique pas : la holding est une société soumise à l’IS. Si elle détient au moins 5 % du capital de la filiale depuis au moins 2 ans, elle bénéficie du régime mère-fille. Les dividendes sont alors exonérés, à l’exception d’une quote-part de 5 % imposée à l’IS, soit environ 1,25 % du dividende au taux de 25 %. Vous ne paierez l’impôt personnel qu’au moment où la holding vous redistribuera ces sommes.

Les dividendes inscrits en compte courant sont-ils imposés ?

Oui. Créditer votre compte courant d’associé vaut paiement : la société doit retenir l’acompte et les prélèvements sociaux, et les déclarer sur le formulaire 2777 avant le 15 du mois suivant, même si l’argent reste dans la société.

Puis-je me verser des dividendes en cours d’année ?

Oui, sous forme d’acompte sur dividendes, à condition qu’un bilan établi en cours d’exercice et certifié par un commissaire aux comptes fasse apparaître un bénéfice distribuable suffisant. La fiscalité est la même que pour un dividende classique.

Des dividendes importants peuvent-ils déclencher un impôt supplémentaire ?

Oui, si votre revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) :
la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus s’ajoute à l’impôt : 3 % sur la part du revenu fiscal de référence comprise entre 250 000 € et 500 000 € pour une personne seule (entre 500 000 € et 1 000 000 € pour un couple), puis 4 % sur la part qui dépasse 500 000 € (1 000 000 € pour un couple) ;
la contribution différentielle sur les hauts revenus garantit un taux minimum d’imposition de 20 % de votre revenu. La loi de finances pour 2026 l’a prolongée jusqu’à ce que le déficit public repasse sous 3 % du PIB. Un acompte doit être versé entre le 1er et le 15 décembre.
Une distribution exceptionnelle (par exemple, les réserves de plusieurs années d’un coup) mérite une simulation avec votre expert-comptable.

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