L’ouverture d’un gîte touristique s’accompagne de nombreuses obligations. Parmi elles, vous devez appréhender les différents impôts professionnels à régler. Ainsi, vous éviterez les oublis et les erreurs de calcul qui pourraient conduire à un redressement fiscal. Pour vous aider à maîtriser la fiscalité de votre gîte, on vous détaille les impôts que vous devrez payer.
À retenir
- La fiscalité des gîtes est identique à celle des meublés de tourisme.
- Vos revenus sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Vous devez appliquer le micro-BIC ou le régime réel, en fonction de votre chiffre d’affaires.
- Vous devez aussi vous acquitter de la CFE, et de la taxe foncière si vous êtes propriétaire de votre gîte.
- Vous devez enfin collecter la TVA (si activité para hôtelière) et la taxe de séjour (si applicable) auprès de vos clients. Vous reversez ensuite ces taxes à l’administration fiscale ou aux collectivités locales.
Réglementation d’un gîte touristique : quel statut fiscal choisir ?
Avant d’étudier la fiscalité d’un gîte, il est important de définir ce type de logement.
Qu’est qu’un gîte touristique ?
Un gîte est un logement meublé laissé à la disposition exclusive d’un locataire, habituellement pour une courte durée. Il doit inclure tous les équipements nécessaires pour garantir la vie courante de ses occupants (couchages, cuisine, vaisselle, etc.).
Attention : La location à un même client ne doit pas excéder 90 jours consécutifs. Sinon, le contrat risque d’être requalifié en bail d’habitation.
Deux différences majeures permettent de distinguer un gîte et une chambre d’hôtes. En effet, cette dernière implique :
- que les clients ne peuvent jouir que d’une partie du logement ;
- de rendre à minima 3 services parmi l’accueil, le petit déjeuner, le linge de lit ou le ménage régulier.
Régimes fiscaux des gîtes touristiques
La réglementation des gîtes suit celle des meublés de tourisme. Ainsi, vous relevez d’un des deux statuts fiscaux suivants.
- Loueur de meublés non professionnels (LMNP), si votre chiffre d’affaires est inférieur à 23 000 € ou à la somme des autres revenus d’activité de votre foyer fiscal. Le respect d’un seul critère permet de bénéficier du régime LMNP.
- Loueur de meublés professionnels (LMP), si vous franchissez ces deux plafonds.
Le fait que vous soyez LMNP ou LMP n’a pas d’impact sur les règles présentées dans la suite de cet article. Les principales différences entre ces deux régimes concernent :
- les possibilités d’imputation et de report des déficits constatés ;
- le traitement fiscal des plus-values de cession des biens immobiliers ;
- la base d’imposition de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) ;
- les cotisations sociales.
Fiscalité des gîtes : les différents impôts à payer
La fiscalité des gîtes touristiques implique différents impôts : impôt sur le revenu, CFE, TVA, taxe de séjour, etc.
L’impôt sur le revenu (IR)
L’imposition des bénéfices de votre gîte suit les mêmes principes que pour les meublés de tourisme. Il relève de l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Vos revenus locatifs sont ainsi cumulés avec vos revenus d’autres sources, avant d’être soumis au barème progressif.
Les règles de calcul de votre résultat imposable sont celles du micro-BIC ou du régime réel, en fonction de votre chiffre d’affaires. L’administration fiscale opère une distinction selon que votre gîte est classé ou non.
| Type de logement proposé | Chiffre d’affaires | Régime d’imposition |
|---|---|---|
| Gîte classé | Inférieur à 77 700 € | Micro-BIC |
| Supérieur à 77 700 € | Régime réel | |
| Gîte non classé | Inférieur à 15 000 € | Micro-BIC |
| Supérieur à 15 000 € | Régime réel |
Bon à savoir : Vous pouvez opter pour le régime réel, même si vous n’atteignez pas les plafonds de recettes du micro-BIC. Vous devez alors mesurer le poids de vos charges sur votre chiffre d’affaires. S’il est supérieur au taux d’abattement dont vous bénéficiez au micro-BIC, vous pouvez avoir intérêt à passer au régime réel.
Régime micro-BIC en location saisonnière
Le micro-BIC est le régime d’imposition le plus simple à appliquer pour les gîtes. Si vous respectez les plafonds de recettes, l’administration affecte un abattement forfaitaire à votre chiffre d’affaires.
- 50 % pour les gîtes classés.
- 30 % pour les gîtes non classés.
Ce pourcentage est censé couvrir vos dépenses professionnelles. Il vous permet de calculer votre résultat imposable au titre des BIC.
Régime réel d’imposition pour la location saisonnière
Au régime réel, la méthode de détermination de votre revenu imposable est totalement différente. Vous devez déduire les charges de votre gîte (entretien, ménage, électricité, etc.) de vos recettes pour calculer votre résultat fiscal.
L’un des principaux postes de charges à imputer correspond à l’amortissement de vos actifs immobiliers. Ce mécanisme comptable vous permet d’étaler le coût d’achat de votre gîte. Il peut ainsi réduire considérablement votre résultat imposable.
Bon à savoir : Depuis 2025, vous devez réintégrer les amortissements cumulés au moment du calcul de la plus-value de cession de votre gîte. Ce dispositif perd donc une partie de son intérêt. Si vous conservez votre actif à long terme, vous continuez toutefois à bénéficier de l’abattement progressif à partir de la 6e année de détention.
Pour plus d’informations, consultez notre article sur les changements de la fiscalité des LMNP en 2025.
Bon à savoir : Vous devez aussi amortir vos meubles, vos appareils électroménagers et tout autre actif qui présente une durée de vie de plus d’une année et une valeur supérieure à 600 €.
La cotisation foncière des entreprises (CFE)
L’exploitation d’un gîte touristique constitue une activité imposable à la CFE. Pour déterminer son montant, l’administration multiplie deux éléments.
- La valeur locative de votre gîte.
- Le taux d’imposition voté par votre commune.
Vous devez régler cette contribution avant le 15 décembre de chaque année. Vous pouvez toutefois bénéficier d’une exonération dans les cas suivants.
- Pour votre première année d’activité.
- Si votre chiffre d’affaires annuel est inférieur à 5 000 €.
- Si votre gîte fait partie de votre résidence principale ou secondaire. Les collectivités locales ont le droit de prendre une délibération qui annulerait ce dispositif d’exonération.
La taxe foncière
La taxe foncière est un autre impôt local, qui vous concerne si vous êtes propriétaire de votre gîte. Son mode de calcul est similaire à celui de la CFE, avec des taux différents. La date limite de paiement de la taxe foncière est fixée au 15 octobre.
La taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
La mise en location d’un meublé de tourisme est en principe exclue du champ d’application de la TVA. Vous devez néanmoins facturer cette taxe si vos prestations s’apparentent à celles d’une activité hôtelière. C’est le cas si vous rendez au moins 3 des 4 services suivants à vos clients.
- La fourniture du petit-déjeuner.
- Le nettoyage des locaux.
- La fourniture du linge de maison.
- L’accueil des locataires.
Vous pouvez malgré tout être dispensé de collecter la TVA si votre chiffre d’affaires ne dépasse pas les plafonds du régime de franchise, c’est-à-dire :
- 93 500 € pour l’année en cours ;
- ou 85 000 € pour l’année civile précédente.
Bon à savoir : Le taux de TVA à appliquer par un gîte redevable de cette taxe est de 10 %.
La taxe de séjour
Les communes ont la possibilité d’instaurer une taxe de séjour, que vous devez collecter auprès de vos locataires. Le cas échéant, elles fixent aussi son montant ou les modalités de son calcul.
Vous devez ensuite reverser les sommes récoltées à votre mairie.
Comptabilité des gîtes : quelles obligations ?
L’étendue de vos obligations comptables dépend de votre régime fiscal.
- Au micro-BIC, vous devez tenir un livre des recettes et un registre des achats. Ces états répertorient vos encaissements et vos dépenses de manière chronologique.
- Au régime réel, vous devez établir des comptes annuels complets, qui incluent un bilan et un compte de résultat.
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