Fiscalité chambre d’hôtes : tout savoir sur vos obligations

Connaître les différents impôts auxquels sont soumises les chambres d’hôtes est essentiel quand vous ouvrez un tel établissement. L’évaluation de vos charges fiscales vous aide à fixer le prix de vos nuitées en anticipant la rentabilité de votre projet.


À retenir

  • Pour l’imposition des revenus de votre chambre d’hôtes, vous pouvez choisir entre le régime réel et le micro-BIC (avec un abattement forfaitaire pour charges).
  • La fiscalité de votre chambre d’hôtes peut aussi inclure la CFE et la taxe foncière, selon votre situation.
  • Vous devez appliquer la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), sauf si vous pouvez bénéficier du régime de franchise.
  • Votre commune peut également décider de vous imposer la collecte d’une taxe de séjour auprès de vos clients.
  • Les documents à produire pour la comptabilité de votre chambre d’hôtes dépendent de votre régime d’imposition.

Régime d’imposition des chambres d’hôtes

La fiscalité de votre établissement suit le régime de la parahôtellerie. Vous avez le choix entre deux régimes d’imposition pour votre chambre d’hôtes.

  • Le micro-BIC.
  • Le régime réel.

Le régime micro-BIC

Le régime de la micro-entreprise concerne les chambres d’hôtes dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 77 700 . Il vous permet de profiter d’obligations fiscales, sociales et comptables allégées.

Sur le plan fiscal, votre bénéfice imposable est calculé en appliquant un abattement forfaitaire de 50 % sur vos recettes. L’administration ajoute le résultat obtenu à vos autres revenus, puis soumet l’ensemble au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Attention : le plafond de chiffre d’affaires et le taux d’abattement forfaitaire ont été revus à la baisse en 2025. Assurez-vous que vous avez toujours le droit d’utiliser le régime micro, et qu’il reste intéressant dans votre situation.

Le régime réel

Le régime réel d’imposition s’applique :

  • de plein droit au-delà de 77 700 € de chiffre d’affaires annuel ;
  • ou sur option en dessous de ce plafond.

Il vous permet d’imputer les charges que vous avez réellement engagées sur vos revenus. Ces frais peuvent être de diverses natures, tant qu’ils sont effectivement rattachables à votre activité de chambre d’hôtes :

  • entretien et nettoyage des chambres, des sanitaires et des espaces de repas ;
  • renouvellement du linge de maison ;
  • achat des aliments pour les repas ;
  • logiciel de facturation ;
  • etc.

Vous pouvez aussi déduire les dotations aux amortissements des biens utilisés dans le cadre de votre activité. Ce mécanisme comptable vous permet d’étaler le coût d’achat de vos bâtiments et de votre mobilier dans le temps. Il peut constituer un puissant outil de défiscalisation.

En conclusion, retenir le régime réel si le total de vos charges représente plus de 50 % du chiffre d’affaires de votre chambre d’hôtes permet de réduire l’imposition de vos revenus annuels.

Bon à savoir  : Les conditions sont proches de celles des locations meublées. Néanmoins les statuts de loueurs meublés professionnels (LMP) et de loueurs meublés non professionnels (LMNP) ne s’appliquent pas. Compte tenu de l’implication de l’hôte dans l’activité, celle-ci revêt généralement un caractère professionnel au plan fiscal. 

Imposition des plus-values immobilières

La revente d’un bien utilisé en tant que chambre d’hôtes est soumise au régime des plus-values professionnelles. Vous pouvez bénéficier d’une exonération d’impôts si vous exercez votre activité depuis au moins 5 ans. Elle est totale si votre chiffre d’affaires annuel est inférieur à 250 000 €, ou partielle entre 250 000 € et 350 000 €.

Si elle est imposable, votre plus-value est décomposée en deux.

  • La plus-value à court terme représente la somme des amortissements fiscalement déduits depuis l’achat du bien. Elle est soumise au barème progressif de l’IR. La plus value court terme est soumise aux cotisations sociales, sans possibilité d’exonération.
  • La plus-value à long terme est égale au reliquat. Elle relève du prélèvement forfaitaire unique (ou flat tax) de 30 %. Le PFU inclut 12,8 % d’IR et 17,2 % de prélèvements sociaux.

Si les recettes excèdent 350 000 €, la plus value long terme peut bénéficier d’un abattement progressif à partir de la 6ème année de détention et total à partir de la 15ème année. Les prélèvements sociaux ne bénéficient pas de cet abattement. 

Fiscalité des chambres d’hôtes : les autres impôts à prévoir

L’impôt sur le revenu n’est pas la seule composante de la fiscalité des chambres d’hôtes. Votre activité peut aussi être concernée par la CFE, la taxe foncière, la TVA et la taxe de séjour.

La cotisation foncière des entreprises (CFE)

En principe, une activité de chambre d’hôtes est soumise à la CFE, qui est un impôt local assis sur la valeur locative de vos biens immobiliers professionnels.

Vous pouvez bénéficier d’une exonération si les logements proposés se situent au sein de votre habitation personnelle. Le conseil municipal peut toutefois annuler cette possibilité par une délibération contraire.

Bon à savoir : Vous êtes aussi exonéré de CFE pour votre première année d’activité, ou si votre chiffre d’affaires n’excède pas 5 000 €.

La taxe foncière et la taxe d’habitation

Selon votre situation, vous devez payer les contributions locales suivantes.

  • La taxe foncière si vous êtes propriétaire des biens immobiliers exploités.
  • La taxe d’habitation sur les résidences secondaires, si votre chambre d’hôtes ne se situe pas dans votre résidence principale.

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA)

L’exploitation d’une chambre d’hôtes constitue une activité de para-hôtellerie, soumise à la TVA au taux réduit de 10 %. Il s’applique à la fois aux prestations d’hébergement et aux repas servis dans votre établissement.

Attention : vous devez affecter le taux normal de 20 % aux boissons alcoolisées si vous en proposez.

En principe, vous devez donc facturer la TVA à vos clients, puis la reverser à l’État. En contrepartie, vous pouvez récupérer la taxe que vous payez sur vos dépenses professionnelles.

Néanmoins, votre chambre d’hôtes peut bénéficier du régime de franchise de TVA si votre chiffre d’affaires n’excède pas :

  • 85 000 € pour l’année précédente ;
  • et 93 500 € pour l’année en cours.

Dans ce cas, vous n’avez aucune obligation en matière de TVA, mais vous ne pouvez pas récupérer la taxe acquittée sur vos dépenses.

La taxe de séjour

Au moment d’ouvrir votre chambre d’hôtes, vous devez vous renseigner sur l’existence ou non d’une taxe de séjour dans votre commune. Si c’est le cas, vous devez la collecter auprès de vos clients et la reverser à la commune. Deux modes de collecte sont possibles, sur décision du conseil municipal.

  • La taxe de séjour au réel : le client vous la règle en complément de la prestation d’hébergement et elle est exclue de la base imposable à la TVA. 
  • La taxe de séjour forfaitaire : vous l’incluez dans le prix de vos nuitées. Elle n’apparaît pas sur vos factures.

Bon à savoir : L’administration propose un outil qui permet de connaître le montant de la taxe de séjour en vigueur dans votre commune.

Régime social des chambres d’hôtes

Au-delà de vos impôts, vous devez régler des cotisations sociales. Pour une chambre d’hôtes, l’affiliation à la Sécurité sociale des indépendants (SSI) devient obligatoire dès que vos revenus excèdent 13 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 6 123 € en 2025.

Vous avez alors le choix entre deux régimes.

  • Le micro-social, dans le cadre duquel vos cotisations sont égales à 21,2 % de votre chiffre d’affaires encaissé. Pour en profiter, vos recettes annuelles doivent être inférieures à 188 700 €.
  • Le régime général des travailleurs indépendants : vos cotisations sont calculées par l’URSSAF. Elles représentent environ 45 % de votre bénéfice réel, avec un minimum de 1 231 € par an.

Comptabilité des chambres d’hôtes : quelles sont vos obligations ?

L’étendue de vos obligations comptables dépend de votre régime d’imposition.

  • Au micro-BIC, vous pouvez vous contenter de tenir un livre des recettes et un registre des achats, qui répertorient vos encaissements et vos dépenses de façon chronologique.
  • Au régime réel, vous devez produire des comptes annuels complets (bilan et compte de résultat) et une déclaration fiscale annuelle.