Vous venez d’équiper vos bureaux de mobilier neuf ou peut-être d’acquérir un véhicule utilitaire ? La comptabilité et les règles fiscales classent ces dépenses parmi les immobilisations et non comme une charge de l’exercice.
Comme ces dépenses servent l’activité pendant plusieurs années, vous devez les inscrire à l’actif du bilan et leur appliquer un traitement comptable spécifique.
Définition, règles de comptabilisation, amortissement, erreurs à éviter : nous faisons le point sur la gestion comptable des immobilisations et les bonnes pratiques à adopter.
En résumé
- Une immobilisation est un bien durable acquis pour l’activité de l’entreprise.
- Les immobilisations peuvent être corporelles, incorporelles ou financières.
- L’amortissement permet d’étaler le coût du bien sur sa durée d’utilisation et de réduire le résultat imposable de manière étalée sur plusieurs exercices.
- Deux méthodes d’amortissement existent : l’amortissement linéaire et l’amortissement dégressif.
- Il est important de tenir un registre des immobilisations et des amortissements pour suivre les biens et justifier la comptabilité.
- Le logiciel Macompta.fr automatise le calcul des amortissements et le suivi des immobilisations.
Qu’est-ce qu’une immobilisation ?
Une immobilisation constitue un bien durable que l’entreprise acquiert pour soutenir son activité sur le long terme. Contrairement aux charges courantes, consommées immédiatement, une immobilisation génère de la valeur pendant plusieurs exercices. Vous inscrivez donc cette dépense à l’actif du bilan (c’est-à-dire ce que possède l’entreprise).
En pratique, l’administration fiscale considère généralement un bien comme une immobilisation dès lors qu’il est utilisé sur plusieurs exercices et que son montant dépasse 500 € HT. En dessous, vous passez directement ce bien en charge comme un élément de faible valeur.
Pour en savoir plus : Charges ou immobilisations : quelles différences ?
On distingue 3 grandes catégories d’immobilisations.
1. Les immobilisations corporelles
Ce sont des biens matériels et tangibles, courants pour une PME ou un indépendant :
- véhicules
- matériel informatique
- machines et outils
- mobilier de bureau
- immeubles, bâtiments, locaux professionnels, terrains
2. Les immobilisations incorporelles
Il s’agit de biens immatériels qui apportent une valeur durable et considérable pour une entreprise :
- logiciels professionnels
- brevets et licences
- frais de recherche et développement
- fonds de commerce
- marques ou droits d’exploitation
3. Les immobilisations financières
Elles correspondent à des investissements financiers à long terme, à distinguer des placements de trésorerie excédentaire :
- dépôts de garantie
- prêts accordés
- titres de participation
Comment comptabiliser une immobilisation ?
Dès qu’un bien remplit les critères d’une immobilisation, vous devez l’enregistrer selon les règles du Plan Comptable Général (PCG).
L’entrée à l’actif
Lors de l’acquisition, vous inscrivez le bien à l’actif du bilan pour sa valeur d’entrée (prix d’achat), incluant les frais accessoires comme la livraison, l’installation ou la mise en service.
Comptablement, l’écriture se fait ainsi :
- Débit d’un compte de la classe 2 du PCG selon la nature du bien (20 « Immobilisations incorporelles », 21 « Immobilisations corporelles », 26/27 « Immobilisations financières »)
- Débit du compte 44562 – TVA sur immobilisations (si la TVA est récupérable)
- Crédit du compte 404 – Fournisseurs d’immobilisations, qui constate la dette envers le fournisseur (en comptabilité de trésorerie, c’est le compte 512 de banque qui est crédité)
Le suivi dans le temps
Les professionnels libéraux relevant du régime de la déclaration contrôlée (BNC) doivent tenir un registre des immobilisations et des amortissements (article 99 du CGI). En revanche, cette obligation ne s’applique pas aux micro-BNC, aux sociétés commerciales, ni aux entreprises individuelles en BIC. Toutefois, l’obligation de pouvoir justifier du solde des comptes d’immobilisation entraine indirectement l’obligation de suivre le détail des immobilisations.
Ce document recense pour chaque bien : sa date d’acquisition, sa valeur d’entrée, sa durée et méthode d’amortissement (détaillé plus bas), ainsi que sa valeur nette comptable à chaque clôture d’exercice. Ce registre est indispensable pour justifier le traitement de vos actifs auprès de l’administration fiscale et sera systématiquement demandé en cas de contrôle.
La sortie de l’actif
Un bien immobilisé peut quitter l’actif de deux façons.
En cas de cession : lorsque l’entreprise vend le bien. Il faut alors le sortir de l’actif, solder les amortissements cumulés et calculer une plus ou moins-value : la différence entre le prix de vente et la valeur nette comptable (la valeur d’origine moins les amortissements cumulés).
En cas de mise au rebut : lorsque le bien est détruit, en panne ou irréparable. Si le bien est totalement amorti, il est simplement retiré du bilan. Dans le cas contraire, la valeur nette comptable restante est constatée en charge exceptionnelle avant sa sortie.
Bon à savoir : Le plan comptable général a modifié les comptes utilisés en fin de vie d’une immobilisation, à compter des exercices ouverts depuis le 1er janvier 2025. Les comptes de produits et charges exceptionnels ont été remplacés par des comptes de produits et charges d’exploitation ou financier.
Facilitez la gestion de vos immobilisations avec notre logiciel dédié ! Macompta.fr vous permet de tenir automatiquement le registre, de calculer les amortissements et de comptabiliser automatiquement les dotations annuelles et les écritures de sortie d’immobilisations. Il vous évite ainsi les erreurs et les risques d’oubli en fin d’exercice.
Pourquoi amortir un bien immobilisé ?
Un bien professionnel perd de la valeur avec le temps. Une machine s’use, un véhicule perd de la valeur, un logiciel devient obsolète… Cette réalité économique doit être traduite en comptabilité.
Plutôt que d’absorber le coût total dès l’année d’achat, l’amortissement étale cette dépense sur plusieurs exercices, soit sa durée réelle d’utilisation. L’amortissement offre également :
- Une vision plus fidèle du patrimoine : le bilan reflète mieux la valeur réelle des actifs
- Le respect d’une obligation fiscale : les dotations aux amortissements sont déductibles du résultat imposable, permettant de lisser l’imposition dans le temps
- Une tranquillité en cas de contrôle : un amortissement correctement calculé et justifié facilite la justification auprès de l’administration fiscale
Bon à savoir : les terrains, œuvres d’art, fonds de commerce, droits au bail et immobilisations financières ne s’amortissent pas. Néanmoins, une dépréciation peut être constatée si leur valeur baisse de façon significative.
Les modes d’amortissement
Il existe deux principales méthodes pour amortir un bien.
L’amortissement linéaire (le plus courant) : il répartit le coût du bien en annuités égales sur toute sa durée d’utilisation.
Taux d’amortissement linéaire = 1 / nombre d’années d’utilisation
Si le bien est mis en service en cours d’année, la première et la dernière dotation sont calculées au prorata temporis.
L’amortissement dégressif : il permet de déduire des montants plus importants en début de vie du bien, via un coefficient légal appliqué au taux linéaire :
Taux = taux linéaire x coefficient légal
| Durée d’utilisation | Coefficient légal |
|---|---|
| De 3 à 4 ans | 1,25 |
| De 5 à 6 ans | 1,75 |
| Supérieure à 6 ans | 2,25 |
Cette méthode est réservée aux biens acquis neufs, dont la durée d’utilisation est supérieure à 3 ans et appartenant à certaines catégories prévues par le Code général des Impôts.
Sont notamment concernés les matériels et outillages industriels, les matériels de manutention, certaines installations techniques (production d’énergie, épuration, sécurité) ainsi que les équipements utilisés pour la recherche ou le stockage.
En revanche, les biens déjà usagés au moment de l’acquisition et ceux dont la durée d’utilisation est inférieure à trois ans sont exclus du dispositif. Dans ces cas, l’amortissement linéaire s’applique obligatoirement.
La durée d’amortissement d’une immobilisation
La durée d’amortissement correspond à la durée réelle d’utilisation du bien. Toutefois, les petites entreprises répondant aux critères de taille définis par le Code de commerce peuvent s’appuyer sur le barème simplifié de l’administration fiscale.
Sont considérées comme petites entreprises celles qui ne dépassent pas deux des trois seuils suivants : 7,5 millions d’euros de total de bilan, 15 millions d’euros de chiffre d’affaires net et 50 salariés en moyenne.
Ce barème prévoit les durées suivantes :
| Nature du bien | Durée d’amortissement |
|---|---|
| Bâtiments | 20 à 50 ans |
| Matériel | 6 à 10 ans |
| Outillage | 5 à 10 ans |
| Mobilier | 10 ans |
| Matériel de bureau | 5 à 10 ans |
| Matériel informatique | 3 ans |
| Brevets | 5 ans |
| Logiciels | 3 ans |
Pour illustrer ces méthodes avec des exemples chiffrés, retrouvez notre article complet sur le calcul des amortissements.
Les erreurs fréquentes sur l’amortissement
Voici les erreurs les plus courantes à ne pas commettre :
Passer un bien en charge à tort : tout achat dépassant 500 € HT et utilisé sur plusieurs années doit être enregistré comme une immobilisation. Le risque est un rejet de la dépense non traitée comme une immobilisation, et se traduit par une augmentation du résultat imposable.
Oublier d’amortir : ne pas comptabiliser les dotations aux amortissements fausse le résultat et peut créer des écarts comptables et fiscaux.
Appliquer une durée d’amortissement incorrecte : une mauvaise durée fausse votre résultat et interdit la déduction du résultat imposable.
Ne pas sortir l’immobilisation du bilan : toute cession ou mise au rebut doit être enregistrée.
Négliger le suivi du registre des immobilisations : un suivi rigoureux permet de justifier vos amortissements et d’éviter les oublis en cas de contrôle.
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