Rupture conventionnelle (RC) : guide complet 2026

Temps de lecture : 5min

Sommaire

Définition & champ d’application
Procédure : les étapes à respecter
Calcul de l’indemnité de rupture
Régime social & fiscal en 2026
Gestion sur macompta.fr

La rupture conventionnelle (RC) est un mode de rupture du contrat de travail créé en 2008.
À la différence du licenciement ou de la démission, elle permet au salarié et à l’employeur de mettre fin au contrat de travail d’un commun accord, dans un cadre juridique sécurisé. Décryptage de la procédure à respecter et des calculs à connaître.


En résumé

  • Réservée aux salariés en CDI (hors période d’essai)
  • Procédure encadrée : entretien(s), convention, délai de rétractation, homologation DREETS
  • Indemnité minimale obligatoire, calculée selon le salaire de référence et l’ancienneté
  • Contribution patronale de 40 % en 2026 sur la fraction exonérée de cotisations

Rupture conventionnelle : définition & champ d’application

La rupture conventionnelle est un dispositif apprécié car, contrairement au licenciement, elle peut être initiée aussi bien par le salarié que par l’employeur.

Les parties conviennent ensemble des conditions de la rupture : date de fin du contrat et montant de l’indemnité.

Elle repose sur un principe fondamental : la liberté de consentement. Elle ne peut donc être imposée ni par l’employeur, ni par le salarié.

Pour être valable, la rupture conventionnelle doit impérativement faire l’objet d’une homologation par l’administration.

À qui s’adresse la rupture conventionnelle ?

La rupture conventionnelle est possible uniquement pour les salariés en CDI hors période d’essai.

Elle ne s’applique ni aux CDD, ni aux contrats d’apprentissage.

Dans le cadre d’une rupture conventionnelle :

  • aucun préavis légal n’est à effectuer
  • le salarié perçoit une indemnité spécifique de rupture conventionnelle
  • il peut, sous conditions de droit commun (activité préalable suffisante, recherche active d’emploi), bénéficier de l’allocation chômage versée par France Travail (ex‑Pôle emploi)

Procédure : les étapes à respecter

1. La proposition de rupture conventionnelle

La proposition peut émaner du salarié ou de l’employeur.
Elle peut être faite à l’oral ou à l’écrit, mais un écrit est recommandé afin de sécuriser la démarche.

2. Le ou les entretiens préalables

Au cours d’un ou plusieurs entretiens, les parties échangent sur le principe de la rupture et les conditions de cessation du contrat (date, indemnité).

Le salarié peut se faire assister par un salarié de l’entreprise (représentant du personnel) ou, en l’absence de représentant, par un conseiller extérieur inscrit sur une liste officielle.

3. Rédaction et signature de la convention de rupture

Il est possible de signer la convention de rupture le jour de l’entretien.

Elle doit obligatoirement préciser :

  • le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle
  • la date de rupture du contrat, qui ne peut intervenir avant le lendemain du jour de l’homologation

Aucun préavis n’est prévu par la loi, mais les parties peuvent fixer librement une date de rupture.

Important : L’employeur doit remettre au salarié un exemplaire signé de la convention.

4. Le délai de rétractation

À compter de la date de signature, chaque partie dispose d’un délai de rétractation de 15 jours calendaires.
Aucune demande d’homologation ne peut être transmise avant l’expiration de ce délai.

5. La demande d’homologation

À l’issue du délai de rétractation, l’employeur effectue la demande d’homologation en ligne sur le portail officiel

6. Délai d’instruction et décision de la DREETS

L’administration (DREETS) dispose d’un délai de 15 jours ouvrables à compter de la réception de la demande.

Deux situations possibles :

DécisionConséquence
Validation explicite ou impliciteEn l’absence de réponse dans le délai, l’homologation est réputée acquise. Le contrat prend fin à la date prévue.
RefusLe contrat de travail se poursuit normalement. Une nouvelle demande peut être déposée.

Bon à savoir : un simulateur officiel permet de calculer précisément les délais de rétractation et d’homologation.

Etapes procédure de rupture conventionnelle - Schéma

Bulletin de paie : comment calculer l’indemnité de rupture conventionnelle ?

Le salarié perçoit une indemnité spécifique, négociée avec l’employeur.

Son montant ne peut jamais être inférieur à l’indemnité légale (ou conventionnelle, si plus favorable) de licenciement.

Salaire de référence

On retient la formule la plus avantageuse pour le salarié :

  • la moyenne des 12 derniers mois, ou
  • la moyenne des 3 derniers mois.

Pour un salarié ayant moins de 8 mois d’ancienneté, l’indemnité est calculée au prorata du temps de présence.

Ancienneté et formule légale

  • 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans
  • 1/3 de mois de salaire par année au‑delà de 10 ans

Exemple :

Prenons le cas d’un salarié ayant plus de 15 ans d’ancienneté

  • Date d’arrivée : 01/02/2010              
  • Date de départ : 02/11/2025
  • Ancienneté : 15 ans et 9 mois

Salaire moyen des 12 derniers mois : 24 480 / 12 = 2 040 €
Salaire moyen des 3 derniers mois : 6 500 / 3 = 2 166.67 €

La moyenne des 3 derniers mois est plus avantageuse.
Nous retiendrons 2 166,67 € en salaire de référence.

2 166.67 x 1/4 x 10 ans5 416,67 €
2 166.67 x 1/3 x 5 ans3 611,11
2 166.67 x 1/3 * (9 mois/12 mois)541,67
Montant de l’indemnité minimale9 569,44 €

Régime social & fiscal en 2026

Impôts sur le revenuSalarié non éligible à la retraiteExonération dans la limite du plus élevé entre :
– minimum légal/conventionnel
– 50 % de l’indemnité
– 2× la rémunération annuelle brute N‑1plafonnée à 6 PASS.
Salarié éligible à une pension de retraiteIndemnité imposable en totalité.
Cotisations socialesLa fraction exonérée fiscalement est exclue des cotisations de Sécurité sociale dans la limite de 2 PASS, soit 96 120 € en 2026.
CSG/CRDSAssujettissement sans abattement sur :
– la fraction excédant le minimum légal ou conventionnel
– et/ou la part soumise à cotisations.
Contribution patronale spécifique (nouveauté 2026)40 % pour les ruptures dont la date effective est postérieure au 1er janvier 2026 (30 % pour celles intervenues entre le 01/09/2023 et le 31/12/2025)

Elle s’applique uniquement sur la fraction exonérée de cotisations.
Elle est déclarée en DSN via un CTP dédié.

Point d’attention : le taux applicable se détermine à la date effective de rupture (lendemain de l’homologation), pas à la date de signature.

Gérer une rupture conventionnelle sur macompta.fr

Le logiciel Paie de macompta.fr vous permet de réaliser ce type de rupture de contrat, que ce soit dans le bulletin, la DSN fin de contrat ou l’édition des documents de fin de contrat.

Fiche salarié – onglet Fin de contrat

Sélectionnez le motif « Rupture conventionnelle » et renseignez les dates clés.

Saisie de la rupture conventionnelle macompta.fr

Bulletin de paie

  • Insérez l’indemnité de rupture conventionnelle dans les rubriques de net ;
  • Ajoutez la contribution patronale spécifique (40 %) dans les cotisations.

Le logiciel reprend automatiquement le montant de l’indemnité comme base.

Contribution patronale rupture conventionnelle macompta.fr

DSN événementielle et documents de fin de contrat

Après validation du bulletin :

  • Transmettez la DSN événementielle “Fin de contrat” directement via l’API net‑entreprises
  • Éditez les documents obligatoires depuis Éditions > États salariés :
    • Attestation employeur France Travail
    • Certificat de travail
    • Reçu pour solde de tout compte
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