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Ergonomie au travail dans les TPE, pourquoi s’y intéresser ?

L’ergonomie au travail concerne aussi les TPE. Et vous avez tout intérêt à vous saisir du sujet ! Bénéfices, obligations légales, outils disponibles, macompta.fr vous donne les clés pour comprendre la problématique et vous lancer.

1. Qu’est-ce que l’ergonomie ?

L’ergonomie est l’adaptation d’un environnement de travail (outils, matériel, organisation…) aux besoins de l’utilisateur.

La notion d’ergonomie se décline en trois dimensions :

  • L’ergonomie physique : Améliorer la relation entre le corps et le poste de travail pour éviter les douleurs physiques et les maladies professionnelles.
  • L’ergonomie cognitive : Diminuer la charge mentale du travailleur (stress, gestion multitâche…) pour lutter contre les risques psychosociaux.
  • L’ergonomie organisationnelle : Repenser l’organisation du travail pour améliorer la productivité (processus internes, télétravail, horaires de travail).

Le concept de bien-être au travail englobe les trois dimensions de l’ergonomie.

2. Agir sur l’ergonomie, quels avantages pour l’employeur ?

La mise en place d’une politique d’ergonomie présente de nombreux avantages pour l’employeur. En particulier, la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, la baisse de l’absentéisme et la hausse de la productivité.

  • Prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles

Un accident de travail est un événement soudain qui, quelle qu’en soit la raison, a causé un dommage corporel ou psychologique et qui est arrivé pendant l’activité professionnelle.

L’accident du travail (AT) se distingue de la maladie professionnelle (MP) par son caractère soudain.

Une maladie est dite professionnelle si elle est la conséquence directe des conditions dans lesquelles un salarié exerce son activité professionnelle.

Les critères de définition d’une maladie professionnelle et de sa prise en charge sont définis dans le tableau de maladie professionnelle édité par la Sécurité Sociale : https://www.inrs.fr/publications/bdd/mp.html

Dans ce contexte, les TPE doivent verser une cotisation AT/MP à l’URSAFF. Le taux de cette cotisation est commun aux entreprises d’un même secteur d’activité et recalculé chaque année. En France, la maladie professionnelle la plus fréquemment indemnisée regroupe les Troubles Musculo-squelettiques (TMS). Les TMS sont des affections touchant les articulations : muscles, tendons, nerfs fréquemment dus à l’activité professionnelle.

  • Baisse du taux d’absentéisme

L’absentéisme peut coûter très cher à votre entreprise. Il se décompose en 4 catégories : maladie passagère et justifiée par un médecin, maladie professionnelle, accident du travail et absence injustifiée. Les absences planifiées telles que les congés payés, la formation ou les congés maternité et paternité ne sont pas considérées comme de l’absentéisme.

Le taux d’absentéisme se calcule en divisant le nombre de jours d’absences par le nombre de jours théoriquement travaillés sur une période donnée.

Le calcul du taux d’absentéisme est important pour connaitre la santé d’une entreprise et l’implication de ses employés. Un absentéisme élevé implique des problématiques de réorganisation du travail, baisse de motivation, dégradation du climat social…

L’adaptation de l’environnement de travail aux salariés, par la mise en place d’une politique ergonomique permet l’anticipation des risques physiques et mentaux et la prévention de l’absentéisme.

  • Hausse de la productivité

La mise en place d’une politique ergonomique garantit plus de sérénité pour le salarié, une baisse du stress et une augmentation de sa motivation pour réaliser son travail. Cette influence positive pour les salariés a des impacts et répercussions positives pour l’entreprise. Des salariés plus motivé, plus à l’aise dans leur travail, gagnent en efficacité et contribuent à la productivité de l’entreprise.

 

3. Obligations légales pour les entreprises de moins de 20 salariés

Le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) est obligatoire dans toutes les entreprises dès l’embauche du 1er salarié. L’employeur y consigne l’inventaire des dangers, les risques identifiés et les actions de prévention mises en place dans l’entreprise.

Les entreprises de moins de 11 salariés doivent mettre à jour le DUERP :

  • dans le cas d’un changement modifiant les conditions de travail des salariés.
  • dans le cas d’un changement impactant leur santé ou leur sécurité.
  • dans le cas d’une nouvelle information concernant l’évaluation d’un risque dans une unité de travail.
  • dans les mêmes conditions que pour les entreprises de moins de 11 salariés.
  • Au moins 1 fois par an.

Le DUERP doit être conservé pendant au moins 40 ans par l’employeur, et tenu à la disposition des personnes suivantes :

  • Travailleur, ancien travailleur et toute personne ou instance pouvant justifier d’un intérêt à y avoir accès
  • Membres de la délégation du personnel du Comité Social et Economique (CSE)
  • Service de prévention et de santé au travail
  • Agents du système d’inspection du travail
  • Agents des services de prévention de la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat)
  • Agents des organismes professionnels de santé, de sécurité et des conditions de travail
  • Inspecteurs de la radioprotection pour les travailleurs exposés aux rayonnements ionisants

4.  Outils dédiés à l’accompagnements des TPE

L’institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) et l’Assurance Maladie mettent à disposition des outils, déclinés par secteur d’activité pour accompagner les TPE dans leur démarche ergonomique.

  • Les outils OiRA (Online interactive risk assessment) servent à réaliser de façon interactive l’évaluation des risques professionnels. Ils permettent l’édition d’un rapport complet d’évaluation des risques et un plan d’action de prévention. En savoir plus : www.inrs.fr/metiers/oira-outil-tpe.html
  • L’outil Mavimplant permet de créer des maquettes 3D de votre futur local de travail. En savoir plus : https://mavimplant.inrs.fr/
  • L’outil Tutoprev permet de tester les connaissances et sensibiliser les nouveaux embauchés. En savoir plus : par ici.

De plus, les entreprises de moins de 50 salariés peuvent bénéficier d’aides financières pour la prévention des TMS :

  • L’aide TMS Pros Action, plafonnée à 25 000€, finance à hauteur de 50% du montant hors taxes vos achats de matériels et d’équipements utiles pour réduire les TMS.
  • L’aide TMS Pros Diagnostic, plafonnée à 25 000€, finance à hauteur de 70% du montant hors taxes la formation d’une personne ressource en interne et l’accompagnement par un ergonome.